19/05/2014

« Nous ne voulons pas être les plus grands, mais les meilleurs »

Élevage de truies de niveau mondial en Corée du Sud

Un changement profond est intervenu ces dix dernières années dans l'élevage de porcs en Corée du Sud : des 12 000 exploitations porcines que comptait le pays il n’en reste aujourd'hui plus que 6 000. Cependant, le nombre de porcs est passé de neuf à près de dix millions, ce qui prouve une nette amélioration de l'efficacité et de la productivité de la filière.

La naissance de 22 porcelets par truie et par an est désormais devenu un jeu d'enfant pour de nombreux éleveurs dans le pays. Un autre chiffre fait figure de quotidien pour l'entreprise Bongdong Agri Co. Ltd appartenant au groupe sud-coréen Harim : le directeur de Bongdong, Young-Il Cho, est parvenu à atteindre le chiffre record de 30 animaux par truie.

Un élevage de truies tout neuf

« Avec notre exploitation, nous voulons faire partie de la ligue des meilleurs éleveurs du monde » : tel était le slogan de l'entrepreneur ambitieux dès le début du projet. Le fait que ce but soit déjà atteint aujourd’hui est sensationnel car il faut savoir que cet élevage de truies n’a été inauguré qu’en mai 2012. 

L'exploitation située dans la ville de Nonsan-si à l’ouest du pays, compte 3 600 animaux. Le ministre de l'agriculture sud-coréen, Seo Gyuong, a assisté aux cérémonies d'inauguration. Le président-directeur général de Harim, Hong Kuk Kim, ainsi que Sang Chung, le directeur de la filiale Farmsco qui appartient également au groupe Harim, étaient également présents. 

On n'a rien sans rien 

Lors de la phase de planification, Young-Il Cho n'a rien laissé au hasard et a donc visité des fermes ainsi que des concepteurs de bâtiments d'élevage dans le monde entier. Les principales destinations de Young-Il Cho étaient cependant le Danemark, l'Allemagne, la France et les Pays-Bas. 

En effet, les truies qui donnent naissance au plus grand nombre de porcelets dans le monde entier se trouvent en Europe. Et c’est ce critère qui a dirigé les actions de Young-Il Cho : « Nous ne voulons pas être les plus grands, mais les meilleurs ». Ainsi se résume le but du directeur de Bongdong. En d'autres termes, cela signifie : 30 porcelets par truie. 

« Nous avons examiné à la loupe l'élevage européen des truies. Et à la fin de notre périple, nous avons décidé d'acheter en Europe toute la génétique et l'équipement des bâtiments », explique Young-Il Cho. 

Après seulement un an de production de porcelets, les résultats sont là : 12,4 porcelets sevrés par portée et 2,42 portées par truie et par an, soit 30 porcelets. Seuls les meilleurs éleveurs du monde arrivent à de tels résultats.

Mais ce chiffre ne satisfait pas Young-Il Cho : l’éleveur Coréen s’est juré « d'améliorer encore ce résultat ». 

De bonnes pratiques dans l'élevage des truies 

Pour Young-II Cho, le facteur déterminant de sa réussite est le strict respect de sa devise de gestion, en l'occurrence : « Conservons les principes fondamentaux ! ». Autrement dit, les employés de l'exploitation parfaitement qualifiés appliquent chaque jour et de manière conséquente les meilleures pratiques de l'élevage de truies.

L'éleveur de porcelets a reçu un soutien important de la part de la société d'élevage GENE+ qui a fourni toute la génétique (GGP, GP et F1) : les experts français du secteur génétique ont formé les employés de Bongdong de façon approfondie et ont donc posé la première pierre pour l'approvisionnement optimal des truies. À propos, ces truies ont voyagé jusqu'en Asie du Sud-Est de façon très spectaculaire : le transport s'est effectué dans quatre avions gros-porteurs spécialement affrétés pour elles.

Les chiffres de Nonsan-si ont attiré l'attention de l'ensemble des spécialistes sud-coréens du secteur. Young-Il Cho a également précisé que les éleveurs de truies dont les exploitations sont du même ordre de grandeur s'intéressent de près à la génétique et aux équipements de bâtiments. 

Gestion d'ambiance

Le climat constitue un grand problème pour l'élevage des truies en Corée du Sud. En effet, les étés sont très chauds et humides avec une humidité de l'air atteignant jusqu'à 96 %, tandis que les hivers sont froids avec des températures pouvant descendre jusqu'à -15°C. Afin de faire face à ce problème, Young-Il cho a consulté Big Dutchman. Depuis des décennies, le concepteur allemand de bâtiments fournit des systèmes d'élevage dans le monde entier et dispose ainsi de solutions adaptées aux zones climatiques les plus diverses.

Pour son exploitation de truies de Nonsan-si, l'éleveur a choisi le système de ventilation transversale : les ventilateurs transportent de l'air frais à travers tout le bâtiment et génèrent ainsi un effet de refroidissement éolien agréable. Les Cool Pads fixés devant les volets d'entrée d'air frais permettent un refroidissement supplémentaire. 

Afin d'assurer une température et une qualité d'air optimales chaque jour de l'année, la gestion de l'ambiance se fait avec la technologie BigFarmNet. Cette commande garantit en permanence la saisie des données, ainsi que la surveillance des bâtiments en temps réel.

En plus de la commande de climatisation, tout le reste du matériel d'élevage à Nonsan-si est également de marque Big Dutchman : le concepteur de bâtiments d'élevage de Vechta en Allemagne s'est chargé d'équiper tout l'intérieur des bâtiments : depuis les systèmes d'alimentation et de gestion commandés par ordinateur, les laveurs d'air d'évacuation, en passant par les stalles de caisse BD Space et BD Swing jusqu'aux systèmes d'alimentation sèche DryRapid et les silos. 

Tous les chemins mènent à Rome 

De bons gènes et l'équipement des bâtiments ne suffisent pas. Young-Il Cho sait en effet que comme dit le proverbe, nombreux sont les chemins qui mènent à Rome. En tenant compte de la stratégie de production, l'éleveur prévoyant a appliqué tout un ensemble de mesures selon la devise : « Le tout est plus que la simple somme de ses composants. » Cela comprend la génétique et l'équipement des bâtiments, ainsi que la formation des professionnels du secteur, l'approvisionnement en aliments et les procédés de gestion de l'exploitation. 

De plus, il convient de souligner que l'excellent nombre de porcelets a également pu être atteint en raison des nombreuses mesures d'hygiène mises en place dans l'exploitation. À cela s'ajoute un répertoire de mesures de biosécurité strictement respectées par les employés de l'exploitation. 

Purification de l'air avec haut rendement de séparation 

La Corée du Sud est l'un des pays les plus densément peuplés de la planète. Young-Il Cho a compris d'emblée qu'il devait produire en parfait accord avec les riverains et  qu'il était essentiel de respecter les voisins.

Et il y est arrivé : l'élevage de truies situé à seulement 30 km au sud-ouest de la grande ville de Daejeon qui compte 1,5 millions d'habitants, est complètement exempt d'odeurs de porcherie. Les moyens à l'origine de cette réussite sont répartis sur tout le site qui comprend 16 laveurs d'air de type MagixX débarrassant l'air vicié de l'ammoniac, de la poussière et des odeurs. « Je suis très satisfait des résultats », se réjouit Young-Il Cho à propos du haut rendement de séparation du système.

Un regard positif vers l'avenir 

À mesure que l'élevage de porcs en Corée du Sud se développe, la législation change également. Des directives garantissant la sécurité alimentaire ainsi que la protection des animaux et de l'environnement sont publiées en permanence. 

« Ceci aura des répercussions sur tout le secteur et entraînera probablement de nouvelles réductions du nombre d'éleveurs de porcs », suppose Young-Il Cho. Ainsi, Bongdong joue un rôle important : l'entreprise montre de façon exemplaire ce qui est possible pour les éleveurs de porcs en Corée du Sud, et ce, par voie de modernisation et de production efficace. 

Pour le moment, Bongdong n'est pas un acteur mondial - pas encore. Young-Il Cho, songeur, a indiqué qu'il n'avait pas encore eu le temps de traiter le sujet. « Mais à long terme, nous visons le marché mondial ! »

Asian Pork, mars 2014